Vendredi matin, une patrouille de la gendarmerie réquisitionnée par le maire de Gensac-sur-Garonne, une commune située à une cinquantaine de km de Toulouse avait essuyé des tirs du sexagénaire, qui avait auparavant pris pour cible la voiture de son ex-épouse.

Retranché dans sa maison, le forcené aurait encore utilisé son arme en tirant des balles Brenneke, de gros calibre et destinées à la chasse au sanglier.
L'intervention du GIGN a alors été décidée et les gendarmes de cette unité d'élite ont mis en place leur dispositif.
C'est à ce moment-là que cet entrepreneur, qui avait déjà eu des antécédents psychiatriques et admis dans un hôpital psychiatrique toulousain, a blessé à l'épaule gauche l'un des membres du GIGN.
Le gendarme, grièvement atteint, a dû être évacué vers l'hôpital Rangueil de Toulouse où son diagnostic était réservé vendredi soir.
Le forcené, décrit par certains comme »un homme gentil», avait déjà eu des crises de ce type, mais »il avait pu être être maîtrisé», a indiqué à l'AFP Henri Devic, le maire de cette bourgade de 350 habitants du Comminges.
On savait qu'il était fragile. Il a perdu la raison depuis ce matin et il était incontrôlable», a poursuivi l'édile, ajoutant que l'homme avait eu "une vie éprouvante", perdu deux jeunes enfants et »traumatisé par la guerre d'Algérie».
Une soixantaine de gendarmes du GIGN avaient pris position près de la maison située sur un coteau non loin d'un club de parapente où un PC avait été installé, avec la présence d'une vingtaine de pompiers.

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie se sont inclinés samedi 20 janvier au matin à Toulouse devant la dépouille du gendarme du GIGN tué la veille par un forcené et se sont rendus au chevet des deux autres gendarmes blessés lors de l'intervention à Gensac-sur-Garonne (Haute-Garonne).
Arrivés peu avant 11h au centre hospitalier de Rangueil à Toulouse, les deux ministres se sont d'abord rendus au dépositoire du centre hospitalier pour s'incliner devant la dépouille du maréchal des logis chef Frédéric Mortier puis se sont ensuite entretenus avec les deux gendarmes blessés.
Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, qui est président de la communauté d'agglomération du grand Toulouse, était également présent.
"Nous avons tenu à faire part de notre vive émotion et de notre solidarité avec les familles", a ensuite expliqué Nicolas Sarkozy.
"Un gendarme de 35 ans a été tué en service. Nous nous sommes inclinés devant sa dépouille".

"Bilan extrêmement lourd"

Pour le ministre de l'Intérieur, "ce doit être l'occasion pour chaque Français de réfléchir au tribut que paient les gendarmes, comme les policiers, à leur sécurité, puisque ce jeune homme est mort en service alors qu'un forcené tirait sur les forces de l'ordre".
D'après Nicolas Sarkozy, "le forcené avait vraiment la volonté de tuer, il était lourdement armé et c'est un bilan extrêmement lourd".
"La gendarmerie a été durement touchée, elle l'a été dans la profession de ses règles éthiques qui consistent à toujours essayer de préserver la vie et à tirer seulement en dernière nécessité", a souligné de son côté Michèle Alliot-Marie.
Face à un forcené il y a toujours un "risque particulier pour ces hommes pourtant surentraînés", a-t-elle noté, avant d'avoir une pensée "à ces gendarmes et à leurs familles qui vivent l'angoisse au quotidien du risque que représente leur métier".
L'un des gendarmes blessés va remonter sur Paris, tandis que le second, beaucoup plus atteint va rester à Toulouse pendant deux jours avant d'être pris en charge au plus près de son unité, a-t-elle précisé, assurant que les deux hommes avaient bon moral.
Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie devaient se rendre en fin d'après-midi à Satory, la base du GIGN, dans les Yvelines, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. (AP)