Terrible drame, hier matin, dans un petit pavillon, où un homme de 31 ans a poignardé sa mère alors que cette dernière appelait les secours.

Laplume. En plein délire, il tue sa mère à coups de couteau

C'est un terrible drame qui s'est produit hier matin, dans un petit pavillon situé sur la commune de Laplume, où un homme de 31 ans a tué sa propre mère en lui assénant plusieurs coups de couteau dans le ventre (1). Colette Gribaillait, 51 ans, a succombé, victime probablement d'une hémorragie externe, avant même l'arrivée des secours qui n'ont rien pu faire pour la sauver. Le mobile du crime reste à déterminer, car il s'avère que l'auteur des coups, Samuel Gribaillait, était sujet à de lourds troubles psychiatriques. Il a d'ailleurs été placé en hospitalisation d'office à l'hôpital de La Candélie, aussitôt après les faits.

Circonstance effrayante, le drame s'est noué quasiment « en direct », la victime ayant appelé les secours une première fois, peu avant neuf heures, pour les alerter de « l'état d'excitation » de son fils. Eu égard à son agressivité, elle implorait que l'on vienne le prendre en charge. Lors d'un second appel, adressé dans la foulée par la malheureuse, l'altercation en cours, ponctuée de cris et de hurlements, était audible au bout du fil…

Après son geste, le fils a été retrouvé à l'extérieur du pavillon, entièrement dévêtu et maculé de sang, dans un état qualifié de « délire ». Il a reconnu les faits devant les pompiers, avant qu'un médecin ne l'examine et qu'une mesure d'hospitalisation d'office soit ordonnée. Sous l'autorité du commandant Capelle, les gendarmes de la compagnie d'Agen et les brigades territoriales d'Agen et de Laplume ont procédé aux investigations d'usage, en présence du substitut du procureur, Stéphanie Paguenaud, alors que les techniciens de l'identification criminelle « fouillaient » le lieu du crime.

Que s'est- il passé, ce dimanche matin, dans la tête de Samuel Gribaillait ? Quels événements l'ont poussé jusqu'à cette folie meurtrière ? L'avis des experts, lesquels ne manqueront pas de se pencher sur la question, vue la personnalité de l'auteur (lire ci-dessous), devrait être déterminant pour son avenir et la suite de l'affaire.

Ce que l'on sait, déjà, c'est que cet homme, qui avait perdu son père alors qu'il n'avait que sept ans, vivait dans un modeste logement situé au Passage, à quelques kilomètres, donc, de sa mère. Le pavillon de celle-ci se trouve sur la départementale reliant Roquefort à Moncaut, au lieu-dit « Bois du Clerc ». Samuel venait l'y retrouver régulièrement et y dormait à l'occasion. Ce fut le cas samedi soir. Le concubin de sa mère avait également passé la nuit ici, mais il avait quitté la maison le matin, avant les faits. Les deux protagonistes du drame se retrouvant seuls face à face, avec l'issue tragique que l'on sait.

(1) Une autopsie doit avoir lieu aujourd'hui.


Placé à l'isolement à la Candélie, se pose la question de son irresponsabilité pénale

Samuel Gribaillait, l'auteur présumé des coups mortels, sera-t-il tenu pour responsable de la mort de sa mère ? Au-delà de l'horreur du geste et de ce qu'a enduré la victime, la question se pose déjà, au vu du premier examen clinique du matricide. Hospitalisé d'office, comme la loi le permet « en cas de danger pour l'ordre public », l'homme devrait être l'objet d'une expertise psychiatrique dans les jours qui viennent. Pour l'heure, interné à La Candélie, il a été placé en « chambre d'isolement », pièces dont dispose l'hôpital psychiatrique qui permettent une prise en charge de patients « particuliers », tout en évitant tout risque de danger pour lui-même et pour les autres. « L'opportunité de ce placement n'est pas arbitraire », expliquait hier le directeur de garde de l'hôpital. « Il répond à des règles précises et obéit aux textes en vigueur. La personne placée en isolement l'est après prescription médicale ». Un placement qui peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Le lieu comprend un lit et un minimum de confort. « Cela reste une chambre d'hospitalisation et un outil de soins » précise le directeur. Cette hospitalisation ordonnée aussitôt après le crime n'augure toutefois en rien de la suite judiciaire qui sera donnée cette affaire. « Cela ne présage en rien de sa responsabilité pénale », soulignait le substitut du procureur. B.S.

Publié le 29 octobre 2007 à 08h04 | Auteur : Bessy Selk
Source : ladepeche.com